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La Suède propose la reconnaissance faciale par IA en temps réel pour la police

Le gouvernement suédois a soumis aujourd'hui la proposition 2025/26:150 au Riksdag, proposant d'autoriser la police à utiliser l'intelligence artificielle pour la reconnaissance faciale en temps réel — une étape qui ferait de la Suède l'un des premiers pays de l'UE à légiférer explicitement sur la surveillance biométrique en temps réel à des fins de maintien de l'ordre.

Ce que contient la proposition

Le ministre de la Justice Gunnar Strömmer (M) a présenté la proposition, cosignée par la vice-première ministre Lotta Edholm. Le texte, renvoyé à la Commission de la justice (JuU), établit un cadre juridique pour l'utilisation policière de la reconnaissance faciale par IA en temps réel dans les espaces publics.

La proposition émane du ministère de la Justice et représente une extension significative des capacités de surveillance policière. Le texte législatif détaillé, qui s'étend sur plus de 200 pages, traite des conditions d'utilisation de l'identification biométrique en temps réel, des garanties requises et des mécanismes de supervision proposés.

Faits clés

  • Document: Proposition 2025/26:150
  • Soumis: 3 mars 2026
  • Ministère de la Justice
  • Renvoyé à : Commission de la justice
  • Signé par : Vice-première ministre Lotta Edholm ; ministre de la Justice Gunnar Strömmer (M)

Contexte européen : le cadre du règlement sur l'IA

La proposition intervient dans le contexte du règlement européen sur l'IA, entré en vigueur en 2024, qui impose des conditions strictes pour l'identification biométrique en temps réel dans les lieux accessibles au public. Le règlement classe ces systèmes comme « à haut risque » et interdit généralement leur utilisation, tout en autorisant des exceptions limitées pour les forces de l'ordre dans les cas de criminalité grave, de personnes disparues et de menaces terroristes imminentes.

La proposition suédoise semble conçue pour opérationnaliser ces exceptions dans le droit national suédois. La question est de savoir si le cadre proposé reste dans les limites soigneusement tracées par l'UE ou les dépasse.

Le paysage politique

La coalition gouvernementale — composée des Modérés (M), des Chrétiens-démocrates (KD) et des Libéraux (L), avec le soutien des Démocrates de Suède (SD) — a systématiquement donné la priorité à la lutte contre la criminalité et à la sécurité publique. L'opposition, notamment les Sociaux-démocrates (S), les Verts (MP) et le Parti de gauche (V), devrait soulever des questions de proportionnalité, de vie privée et de risque de profilage discriminatoire.

À surveiller

  • Examen par la Commission de la justice
  • Conformité avec les exceptions du règlement européen sur l'IA
  • Réaction de la société civile et des organisations de défense de la vie privée
  • Dynamiques inter-partis et soutien du SD
  • Précédent international pour les autres pays de l'UE

Également soumis aujourd'hui

La Commission des finances a également publié aujourd'hui son rapport FiU36, proposant l'approbation de nouvelles règles hypothécaires relevant le plafond de prêt de 85% à 90% et supprimant l'obligation d'amortissement renforcée. Le débat et le vote sont prévus pour le 4 mars.

Implications

Si la proposition est adoptée, elle marquerait un tournant pour le maintien de l'ordre et les droits numériques en Suède. L'équilibre entre sécurité publique et vie privée n'est nulle part plus tangible que dans l'utilisation de la surveillance par IA.

Le traitement de ce projet de loi par le Riksdag sera suivi de près tant au niveau national qu'européen. Premier grand pays de l'UE à proposer une législation nationale complète sur l'utilisation policière de la reconnaissance faciale par IA en temps réel, la Suède pourrait établir le modèle pour les autres pays.